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Anthropic met entre toutes les mains un modèle qu’elle jugeait trop dangereux à publier il y a deux mois

Voilà autre chose dites donc. En avril, Anthropic, le concurrent direct d’OpenAI et créateur de l’assistant Claude, dévoilait Mythos, un modèle d’intelligence artificielle tellement doué pour dénicher et exploiter des failles informatiques que l’entreprise avait préféré ne pas le diffuser. Il restait réservé à une poignée d’organisations de cyberdéfense triées sur le volet.

Deux mois plus tard, ce même moteur arrive chez le grand public sous le nom de Claude Fable 5.

GitHub désactive 73 dépôts Microsoft en 105 secondes pour stopper le ver Miasma

GitHub a désactivé 73 dépôts appartenant à Microsoft en l’espace de 105 secondes, le temps de couper la propagation d’un ver baptisé Miasma.

Un ver, vous le savez, c’est ce genre de logiciel malveillant qui se recopie tout seul d’un projet à l’autre, sans la moindre intervention humaine. Celui-là s’attaque directement aux développeurs, et plus précisément à leurs outils.

Tout est parti du dépôt Azure/durabletask. Un compte de contributeur compromis y a poussé un commit piégé, qui déposait au passage quelques fichiers de configuration. Anodin, en apparence.

OpenAI ajoute un “mode confinement” à ChatGPT pour bloquer les injections de prompt

ChatGPT a gagné un réglage qui ne plaira pas à tout le monde. Un “mode confinement”, Lockdown Mode dans le texte, qui débranche volontairement une partie des fonctions de l’assistant pour réduire le risque de fuite de données vers l’extérieur.

L’ennemi, ici, porte un nom : l’injection de prompt. Le principe de cette attaque est plutôt vicieux, puisqu’un pirate planque des instructions dans une page web ou dans un document anodin, et qu’au moment où ChatGPT lit ce contenu pour vous répondre, il avale ces ordres cachés et les exécute sans que rien ne s’affiche à l’écran.

Encore un zero-day chez Cisco, exploité en ce moment même et toujours sans correctif

Le Catalyst SD-WAN Manager de Cisco, anciennement appelé vManage, c’est la salle de contrôle depuis laquelle une grande entreprise règle, surveille et met à jour à distance le réseau entier qui relie ses dizaines d’agences, usines ou boutiques entre elles, et c’est ce logiciel très sensible qui se retrouve aujourd’hui troué par une faille déjà exploitée dans la nature.

Le pire ? Aucun correctif.

Référencée CVE-2026-20245 et notée 7,8 sur 10 sur l’échelle CVSS, le barème qui classe la dangerosité des failles de zéro à dix, la vulnérabilité permet à un attaquant déjà titulaire d’un compte d’administrateur réseau, le profil baptisé netadmin chez Cisco, de téléverser un fichier piégé que le logiciel contrôle mal, puis d’exécuter ses propres commandes en root, c’est-à-dire avec les pleins pouvoirs sur la machine.

Zcash – Une IA déniche en 24h une faille vieille de 4 ans

Un chercheur en sécurité, Taylor Hornby, a lâché Claude Opus 4.8 sur le code de Zcash et 24 heures plus tard, le modèle lui a déniché une faille bien planquée là depuis 4 ans qui avait échappé aux auditeurs !

Et ce qu’elle permet de faire pique un peu (ouille ouille ^^) ! Car je vous rappelle que Zcash, c’est la cryptomonnaie taillée pour l’anonymat, où les transactions sont chiffrées et validées par des preuves mathématiques (le fameux “zero-knowledge” dont je vous ai déjà parlé). Sauf que dans son pool de confidentialité le plus récent, baptisé Orchard, une vérification censée s’assurer que les transactions étaient légitimes… ne vérifiait en fait rien du tout ! En clair, vous pouviez fabriquer du ZEC à partir de rien.

Votre enceinte USB peut être piratée par un voisin

Un chercheur en sécurité a réussi à prendre le contrôle d’un ordinateur en passant par une simple enceinte branchée en USB, à distance, et sans jamais s’approcher de la machine.

L’appareil en question est la Sound Blaster Katana V2X, une barre de son vendue autour de 280 euros par Creative Technologies, le fabricant singapourien d’accessoires audio bien connu des joueurs. Elle se branche aussi bien sur un PC, un Mac ou un Linux, en USB comme en Bluetooth. Je la connais d’ailleurs plutôt bien,
puisque je l’ai testée sur Mac4ever
.

Libinput corrige une faille qui transformait une fausse manette en accès root

La bibliothèque libinput est passée en version 1.31.2, et pas pour ajouter des fonctions, mais pour boucher un trou de sécurité plutôt vilain. C’est elle qui gère vos périphériques d’entrée (clavier, souris, pavé tactile, manette) sur la quasi-totalité des Linux modernes, aussi bien sous Wayland que sous l’ancien serveur graphique X.Org.

Autant dire qu’elle tourne sur presque toutes les machines de bureau sous Linux, des plus grand public aux plus pointues.

HTTP/2 Bomb : une mini-requête suffit pour faire tomber nginx, Apache ou IIS

Il y a des failles qui réclament un arsenal de hacker chevronné, et puis il y a HTTP/2 Bomb, qui se contente de quelques kilo-octets pour faire vaciller des serveurs parmi les plus utilisés de la planète. Dévoilée le 2 juin sous la référence CVE-2026-49975, elle s’attaque à HTTP/2, le protocole qui transporte une bonne partie des pages que vous consultez chaque jour.

Le résultat ressemble à une mauvaise blague. Une poignée d’octets envoyés au bon endroit, et la mémoire vive du serveur se met à enfler jusqu’à engloutir des dizaines de gigaoctets en quelques secondes, jusqu’à ce que la machine ne réponde plus à personne.

Sur le serveur X.Org, neuf nouvelles failles de sécurité dont huit débusquées par une IA

Neuf failles de sécurité viennent d’être corrigées d’un coup sur le serveur X.Org, le vieux logiciel qui dessine les fenêtres, gère la souris et le clavier sur une grande partie des machines Linux. Et le plus marquant, c’est qui les a trouvées.

Huit des neuf ont été repérées par une intelligence artificielle. Plus précisément par TrendAI, l’outil maison du programme de chasse aux bugs de l’éditeur de sécurité Trend Micro, la Zero Day Initiative, qui rémunère depuis des années la découverte de failles. La neuvième, elle, a été dénichée à l’ancienne par Peter Hutterer, un développeur de Red Hat qui travaille sur la gestion clavier et souris de X.Org depuis bien longtemps.

Shai-Hulud : un ver vole les identifiants planqué dans des paquets Red Hat

Du code piégé glissé dans des paquets signés Red Hat, et téléchargé environ 80 000 fois par semaine. C’est le bilan d’une attaque repérée le 1er juin.

Pour bien saisir, il faut d’abord savoir ce qu’est npm. C’est l’immense bibliothèque où les développeurs JavaScript piochent des briques de code toutes prêtes plutôt que de tout réécrire. Des millions de projets en dépendent au quotidien.

Et c’est exactement là qu’un malware s’est faufilé. Plusieurs dizaines de paquets publiés sous le nom de Red Hat (l’éditeur du système Linux du même nom, racheté par IBM) ont été infectés par un ver, c’est-à-dire un logiciel malveillant capable de se propager tout seul d’une machine à l’autre.