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L’IA détruit-elle nos institutions démocratiques ?

L’IA va-t-elle vraiment détruire nos institutions ?

Deux chercheurs de Boston University, Woodrow Hartzog et Jessica Silbey, viennent de
publier un papier académique
qui affirme que oui, et leur thèse tient en trois mécanismes :

  1. l’intelligence artificielle dégrade l’expertise humaine
  2. elle court-circuite les processus de décision
  3. et elle isole les individus.

Autant dire que ça envoie du lourd !

Mais est-ce vraiment le cas ? Je vous propose de regarder un peu ce qui se passe chez nous, en France et en Europe, depuis quelques mois, sans vous prendre la tête avec la théorie.

Matthew McConaughey™ brevette son visage

Quel grand philosophe du XXIe siècle considère que l’identité personnelle est le dernier rempart contre les algos ?

Hé oui, il s’agit bien de
Luciano Floridi
, qui défend depuis le milieu des années 2000 le concept de vie privée informationnelle. Pour lui, la vie privée n’est pas une question de secret, mais un droit fondamental à l’immunité personnelle contre les altérations non désirées de l’identité, qu’elles soient actives (vol, clonage, manipulation de données) ou passives (imposition d’informations que l’on n’a jamais choisies).

Cloudflare vs Italie – Le bras de fer sur le Piracy Shield ne fait que commencer

Alors que l’Italie pensait avoir trouvé l’arme ultime contre le piratage avec son fameux “Piracy Shield“, voici que voilà que Cloudflare vient de leur renvoyer une gifle mémorable. C’était prévisible et j’ai envie de dire tant mieux car je pense que la neutralité du net mérite mieux et je ne suis pas fan de l’idée de transformer des hébergeurs et autres prestataires techniques en garant de la moral a.k.a. en censeurs automatisés.

En finir avec l’enshittification en légalisant le reverse-engineering

Bon, je vais être direct : le reverse-engineering devrait être légal, point barre. Et tant mieux si quelqu’un d’aussi influent que Cory Doctorow le gueule dans
le Guardian !

Pour ceux qui débarquent, le reverse-engineering c’est le fait de désosser un logiciel ou un appareil pour comprendre comment il fonctionne. Pas pour le pirater, hein, mais pour réparer, améliorer ou simplement vérifier qu’on ne se fait pas arnaquer. Et c’est là que ça devient un peu compliqué, parce que dans plein de pays, c’est illégal.

Le NO FAKES Act veut réguler les deepfakes, mais c’est surtout l’open source qui va trinquer

Après le DMCA, après
la DADVSI
, après SOPA, après PIPA, après EARN IT… voici le NO FAKES Act ! Bref, un nouveau projet de loi américain pondu par des gens qui visiblement n’ont jamais lancé un git clone de leur vie.

Le texte (
S.1367, 119e Congrès
, introduit en avril 2025) part d’une intention louable qui est de protéger les gens contre les deepfakes non consentis. Vous savez, ces vidéos truquées où votre tête se retrouve sur un corps qui n’est pas le vôtre, de préférence à poil…

Multi Theft Auto ressuscite sur GitHub après l’échec juridique de Take-Two

Et voici que voilà que voici le grand retour de
Multi Theft Auto sur GitHub
!!!

Vous vous souvenez peut-être de ce mod légendaire qui a permis à des millions de joueurs de transformer GTA San Andreas en véritable MMO de quartier depuis février 2003. C’est quand même, un projet open source qui a survécu à plus de 20 ans de cohabitation plus ou moins paisible avec Rockstar et sa maison mère Take-Two Interactive.

TermsTooLong – L’outil qui note les CGU que vous ne lisez jamais

Pour une fois dans votre vie, soyez honnêtes !! Je le sais, vous le savez, PERSONNE ne lit les conditions d’utilisation. On clique sur “J’accepte” comme des automates, et on file nos données personnelles sans même savoir ce qu’on signe. Perso, la dernière fois que j’ai lu des CGU en entier, c’était… celles de hotmail.com en 1996.

Et c’est exactement pour ça que
TermsTooLong
existe. Ce site analyse et note les politiques de confidentialité et les termes de service de plus de 200 plateformes, de Mozilla à TikTok en passant par Discord et Blizzard. Du coup, au lieu de vous farcir 47 pages de jargon juridique, vous avez une note claire de A- à F.

Anna’s Archive perd son domaine en .org mais reste debout

Bon, fallait s’y attendre. Le domaine annas-archive.org vient de tomber, placé en statut “serverHold” par le Public Interest Registry (PIR), l’organisme qui gère tous les domaines en .org. Du coup, si vous tapez l’adresse habituelle, vous tombez dans le vide.

Et là vous allez me dire : “Mais PIR, c’est pas les mêmes qui ont toujours refusé de suspendre
thepiratebay.org
?
” Hé bien si, exactement. Ce qui laisse penser qu’il y a probablement une décision de justice derrière tout ça, parce que PIR ne fait pas ce genre de chose de gaieté de coeur.

Les contrôles parentaux sont-ils une arnaque conçue pour vous épuiser ?

Vous voulez protéger vos enfants sur internet ? Cool. Préparez-vous à configurer 17 paramètres sur la Nintendo Switch, 29 réglages différents pour Minecraft (sur un site web séparé, évidemment), et à lire 572 articles de blog pour comprendre comment fonctionne le téléphone “sécurisé” que vous venez d’acheter.

Bienvenue dans le monde merveilleux de la protection parentale.

Un développeur américain, Chris Ferdinandi, vient
de publier un constat qui résume parfaitement la situation
. Il raconte comment son fils s’est retrouvé ajouté à un groupe de discussion GroupMe par un parfait inconnu, sans aucune vérification. L’application avait été installée via le compte familial, donc techniquement “approuvée”. Sauf que le gamin de 12 ans pouvait maintenant recevoir des messages de n’importe qui sur la planète.

Aux Etats-Unis, la police peut maintenant fouiller dans les recherches Google

La Cour suprême de Pennsylvanie vient de valider une pratique qui va faire polémique : les policiers peuvent désormais demander à Google de leur filer la liste de toutes les personnes ayant recherché un terme spécifique. C’est ce qu’ils appellent un “reverse keyword search warrant“.

L’affaire remonte à 2016. Une femme est enlevée chez elle par un inconnu, puis violée. L’enquête piétine pendant plus d’un an, jusqu’à ce que les enquêteurs obtiennent un mandat demandant à Google qui avait recherché le nom ou l’adresse de la victime la semaine précédant l’agression. Un certain John Kurtz avait tapé cette adresse deux fois dans la même journée.