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Agence aucun risque

En bons lecteurs de Canard PC, vous n’êtes pas sans savoir que le Fonds Public d’Investissement saoudien a récemment quécro Electronic Arts pour la bagatelle de 55 milliards de dollars. Tout ça est bien beau, mais, outre-Atlantique, une partie de la classe politique se demande si cette histoire est bien raisonnable. Plus de 40 membres du Congrès américain ont ainsi écrit une lettre au dirigeant de la Federal Trade Commission (l’agence de régulation habilitée à décider si, en effet, c’est bien raisonnable) pour l’inviter à jeter un coup d’œil aux nombreux risques que ce rachat pourrait faire peser sur l’emploi et sur la compétitivité de l’industrie étatsunienne du jeu vidéo. À n’en pas douter, le patron de la FTC (nommé par Donald Trump) va regarder avec la plus grande indépendance le bien-fondé de ce deal dans lequel Jared Kushner (gendre de Donald Trump) a de nombreuses billes. K.

Télex

Après la restructuration et le retrait du télétravail, qui ne passe déjà pas auprès de la représentation syndicale, Ubisoft annonce une suppression de 200 postes au siège francilien de Saint-Mandé. Les syndicats aussi ont une annonce de leur cru : une grève monstre du 10 au 12 février. K.

Avec des amis comme ça…

Les spots promotionnels aux Game Awards coutent cher, en particulier celui qui est diffusé juste avant la révélation du jeu de l’année. Tout le monde fut donc déconcerté quand, à ce moment précis de la précédente cérémonie, Geoff « à la minute » Keighley a présenté Highguard, un hero shooter en free to play bizarre au lieu de, je ne sais pas, GTA 9. La bande-annonce ayant été très mal reçue par le public, les développeurs essayent d’arrondir les angles dans une interview pour Kotaku. Non, ils n’ont pas recouvert Geoff d’or, mais ce dernier, qui les aime bien, leur a proposé la place gracieusement. Eux qui voulaient initialement « une sortie surprise » semblent ne pas avoir su dire non et doivent désormais gérer la mauvaise image d’un potentiel nouveau Concord. Bon courage en tout cas pour inverser la tendance : sorti le 26 janvier, le jeu se fait étriller dans les avis Steam. K.

Recompile poils

En 2024, un certain Wiseguy plie le game en publiant un outil magique qui prend une ROM Nintendo 64 d’un côté et recrache du code en C de l’autre. Un processus ouvrant la voie aux portages PC (avec 4K, 120 FPS, ray tracing, mods et tout le tralala) qui, auparavant, demandait à plusieurs experts de rester concentrés très fort pendant littéralement des années pour être complété à la main. Cette percée a entretenu les espoirs que ce procédé jusque-là si lourd puisse bénéficier à autre chose que les Mario et les Zelda. Et c’est ainsi que, sans prévenir, Wiseguy s’est pointé comme une fleur le 24 janvier pour annoncer Banjo-Recompiled, la recompilation du Banjo-Kazooie de 1998. Bien entendu, il vous faudra une ROM obtenue de manière légale (je vous fais une confiance aveugle) pour pouvoir profiter de ce qui se présente comme la version définitive de ce classique. K.

L’heure de la grosse Commission

Avec l’annonce de 1 294 188 noms vérifiés sur le million requis, Moritz Katzner, un des bénévoles du mouvement Stop Killing Games, confirme sur Reddit que la barre a été définitivement franchie et que la demande va être examinée de façon formelle par la Commission européenne. Mieux que ça, avec un taux de signatures invalidées arrêté autour des 10 %, la pétition qui réclame aux éditeurs de cesser de nous vendre des jeux au prix fort avant de les rendre inopérants quelques années plus tard fait partie des démarches les plus fiables en la matière. C’est désormais tout un dossier qui doit être remis à la Commission : des documents et des stratégies qui ne peuvent, pour le moment, pas être dévoilées par l’équipe, car cela pourrait « faire fuiter des informations aux lobbys » qui sont évidemment, et sans surprise, vent debout contre cette proposition au bénéfice du consommateur. K.

Juge et parties

Voler de l’or, de surcroit avec un prix de l’once qui atteint des sommets, c’est évidemment puni par tout magistrat qui se respecte. Mais qu’en est-il de l’or de jeu vidéo ? C’est la question qu’a tranché le juge britannique John Popplewell au détour de l’affaire d’un ancien employé de Jagex, l’éditeur de Old School RuneScape, qui a hacké 68 joueurs afin de les délester de leur métal jaune virtuel, avant de revendre contre quelques Bitcoins le fruit du larcin estimé à 700 000 dollars. La décision du 14 janvier, sacrément développée, considère que oui, et souligne de nombreux aspects techniques qu’on ne va pas détailler ici, mais il est entendu que farmer de l’or dans OSRS, c’est long sa mère, et qu’une fois qu’on t’a piqué ton or, ben, tu peux plus t’en servir. Le juge ne punit cependant pas le vol sur les PNJ, ce qui, d’après certaines ONG, reste une véritable injustice. K.

Tenu en haute esteam

Si d’aventure il vous venait l’envie de travailler pour Pocketpair, le développeur japonais derrière Palworld (ce mélange étrange entre Ark et Pokémon) et Craftopia (un ersatz de Zelda : Breath of the Wild), j’espère pour vous que vous n’avez pas touché à trop de manettes au risque de ruiner vos chances. Car figurez-vous que, dans une discussion publiée sur les réseaux sociaux et rapportée par Automaton, Takuro Mizobe, le patron, explique que leur premier réflexe dans leur processus de recrutement, c’est de jeter un coup d’œil aux nombres d’heures que vous avez passées sur des jeux Steam ? Le boug va jusqu’à préciser que, même si vous avez une expérience similaire sur PlayStation ou Xbox, vous serez refusé si vous n’avez aucune heure sur Steam. Étonnant, je m’étais dit que, pour recopier les devoirs de Pokémon et de Zelda, le prérequis aurait plutôt d’avoir passé du temps sur Switch. K.

Fable, pour ceux qui croient encore aux contes de fée

Voilà, c’est official, le nouveau Fable sortira cet automne. Rappelons que ce reboot de la franchise, tombée en disgrâce depuis une bonne décennie, sera un jeu de rôle/action en monde ouvert édité par Microsoft et développé par Playground Games, qui a hérité du bébé à la mort du studio original, Lionhead. Lors du Xbox Developer Direct, ils ont ressorti tous les poncifs du genre, notamment l’inévitable « this game is all about choices and consequences » et l’inclusion d’un PNJ-vedette (ici Richard Ayoade de la série télé The IT Crowd), mais le jeu semble relativement mignon et soigné. Surtout, les fans affamés de la franchise peuvent se permettre un peu d’optimisme, puisque Peter Molyneux n’est plus aux commandes (il est parti sur le city builder Masters of Albion, qui sort en avril). A.