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Une ode aux jeux incrémentaux

Des cookies aux trombones, le jeu incrémental s’amuse avec l’un des plaisirs humains les plus primaires : celui de voir un chiffre devenir de plus en plus gros. Jauges, courbes, arbres de compétences… Tout est bon pour nous faire plonger dans l’addiction à l’exponentiel, mais j’en suis convaincu : l’incrémental n’a rien d’un gros mot, et je suis heureux d’exister au même moment que l’inventeur de Cookie Clicker.

Bali Barlow

En ce moment, être fan de Sam Barlow est enthousiasmant. Déjà, le boug, avec son magnifique Immortality de 2022, est au sommet de son art très particulier du jeu narratif en prises de vue réelles quatre étoiles. Surtout, ça fait un moment qu’il a annoncé travailler non pas sur un nouveau titre horrifique, mais bien deux. Et si on ne sait toujours pas à quoi correspond Project D, tricky Sammy vient de lever le voile sur son Projet C, désormais intitulé Precognition. Quelques images écarlates éclatées façon kaléidoscope, un pitch qui nous parle de Diana à qui on pose un implant lui permettant de voir son propre futur, une participation du réalisateur Brandon Cronenberg (oui, le « fils de ») et, et c’est sûrement la mauvaise nouvelle, une fenêtre de tir si lointaine : printemps 2028. Bon, au moins, ça nous donnera le temps avec Ellen de se répartir les jeux sans en venir aux mains. K.

Cartes.gouv.fr

Attention, hot take : notre République a réussi sa transition numérique, la majorité des sites web gouvernementaux sont plutôt bien faits, et je suis absolument ravi de déclarer mes impôts en ligne en une minute chrono et trois clics chaque année, au lieu de potasser des formulaires cryptiques comme il y a vingt ans.

Marvel Tōkon : Fighting Souls

Après la déception Marvel vs. Capcom : Infinite, voir la licence filer chez Arc System Works n’avait rien d’une surprise : le studio de Dragon Ball Fighterz était le seul taillé pour un tel héritage. Non, le vrai choc fut l’annonce d’un tag battle par équipes de quatre. Dans l’univers restreint du jeu de baston – oui, c’est une niche, séchez vos larmes –, c’était prendre le pari fou d’isoler une sous-niche dans la sous-niche.

Ça vire au cauchemar

La situation n’en finit pas de se dégrader chez Supermassive Games. Le studio anglais spécialisé dans les titres narratifs à la frontière entre le jeu vidéo et le film d’horreur interactif (comme le dernier en date Directive 8020, sorti en mai et qui a reçu un accueil critique assez froid), annonce un plan de licenciement afin d’« assurer la pérennité de l’entreprise ». Après le rachat par Nordisk Games en 2022, ils étaient 350 à travailler chez Supermassive en 2023, avant la mise en place d’une vilaine manie qu’il serait sain de guérir avec de l’hypnose ou je ne sais pas quoi et qui consiste à virer des gens par vagues annuelles : 90 personnes en 2024 (avec le départ des cofondateurs en prime), 36 en 2025 et, donc, jusqu’à 75 cette année. K.

ZeroSpace

J’ai un passé de toxico. Le ladder de Starcraft 2 m’avait changé, et fait de moi un être lamentable. J’étais obsédé, dépendant, je ne pensais plus qu’à mes build orders. Ce passif, que je voudrais oublier, c’est pourtant très exactement celui auquel Starlance Studios, la bande aux commandes de ZeroSpace, veut s’adresser. Mais pas seulement.

Télex

Le petit projet de jam touche à sa fin pour Aggro Crab et Landfall. Avec The Final Ascent qui remplace sporadiquement le volcan et son cratère par un marais et son donjon, les développeurs de Peak livrent une ultime mise à jour pour le roi du friendslop aux plus de 10 millions de ventes. K.

Décennie, c’est gagné

Les arcs de rédemptions sont des artifices narratifs qui m’attendrissent. Zuko dans Avatar, le dernier maître de l’air, Kratos dans God of War, et, peut-être un de mes favoris, Sean Murray, passé d’escroc à héros dans le développement de No Man’s Sky dont on a fêté les dix ans le 9 août dernier. Dans une lettre ouverte, le patron de Hello Games retrace le chemin d’un projet qui était pourtant si mal reçu dans sa version initiale, écrabouillé par le poids de ses propres promesses. Fort de ventes conséquentes, le studio a cependant choisi de persévérer. Après une quarantaine de mises à jour gratuites (dont la prochaine, Cosmos, vient d’être annoncée), il a reconquis toute la confiance de son public. Certes, l’industrie en 2016 était bien différente et il faut se méfier du biais du survivant, mais il est difficile de ne pas y voir la trajectoire la moins Concord qui soit. K.