NanoKVM-Go – Le KVM USB-C qui garde vos écrans en mémoire
La société Sipeed vient d’annoncer la sortie d’un nouveau KVM USB-C qui je pense va vous intéresser. Il s’appelle le NanoKVM-GO, il fait la taille d’une grosse boite d’allumettes et permet de prendre le contrôle de n’importe quel appareil capable de cracher de la vidéo via son port USB-C.
Donc y’a juste besoin d’un câble, et pi c’est tout. Que ce soit un iPhone 15 ou supérieur, un MacBook, un Steam Deck, un mini PC Windows, un smartphone Android, no problemo, le boîtier s’intercale entre vous et la machine, capture l’écran en 4K, simule le clavier et la souris, et vous laisse piloter le tout depuis un simple navigateur, où que vous soyez.
Il existe également une version Go+ de la bestiole qui embarque ce que Sipeed appelle sobrement une “Ambient Screen Intelligence“, comprenez une fonction à la
Microsoft Recall
où le boîtier photographie votre écran en continu, conserve jusqu’à 180 jours de captures en local, et vous laisse fouiller tout ça à la recherche textuelle. Bref, ce que Redmond avait proposé et qui avait fait hurler tout le monde, bah là c’est pareil mais en version hardware.
Donc comme je vous le disais, y’a plus qu’un seul câble USB-C vers la cible (DP Alt Mode pour la vidéo, HID pour le clavier et la souris, disque virtuel pour booter des ISO), et l’hôte se connecte au boîtier en WiFi. La latence annoncée est de 60 ms en 1080p, jusqu’à 100 ms en 4K. Le boîtier tire son jus du port USB-C de la cible (5 V), avec un second port pour la charge passthrough et le contrôle de petits FingerBot.
Ça permet ainsi de régler 2 des plus gros problèmes des outils de prise de contrôle à distance comme TeamViewer ou VNC :
- L’accès au BIOS qu’aucun logiciel ne peut jamais atteindre
- Le freeze de l’app ou de l’OS qui rend inopérant un TeamViewer par exemple
Avec un boitier KVM, vous rebootez comme vous voulez et vous avez toujours la main. En tout cas, je suis content de voir que l’usine à câble d’il y a 10 ans devient maintenant ultra minimaliste. Perso, j’adore !
Maintenant, la fonction “Recall”, on aime ou pas mais déjà c’est optionnel et ensuite, tout reste en local. Alors c’est vrai, et c’est “déjà ça”. Mais bon, ça conserve quand même 6 mois de data de tout ce qui est affiché sur vos écrans (mails, mots de passe tapés, conversations, documents), accessible à distance à qui a le mot de passe (et le bon Tailscale). C’est une surface d’attaque qu’il faut prendre en compte, surtout que c’est le même fabricant qui s’était déjà fait prendre avec un
micro non documenté dans un de ses KVM
. Pas de quoi paniquer cependant car c’est optionnel. Et pour de la bidouille perso / auto-hébergement, ça reste un super jouet. Après, en entreprise, faudra voir…
Sipeed expose aussi toutes les fonctions du KVM via un serveur MCP, le protocole d’Anthropic pour relier les LLM à des outils. Vous branchez votre agent IA préféré dessus, et il va vraiment pouvoir s’éclater en prenant physiquement la main (à 6 doigts forcément ^^) sur la souris et le clavier de la machine.
Sur un
KVM IP
, on sait depuis longtemps que la moindre faille ouvre la porte à tout et là, vous déléguez volontairement cette porte à un modèle, donc une fois encore, à vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.
Le projet est sur Kickstarter, le GitHub et le wiki sont encore vides au moment où j’écris, car
la campagne
vient d’à peine démarrer. Notez que son concurrent direct, le GL.iNet Comet Q, a déjà rempli son objectif de financement en quelques minutes, lui, donc je pense que Sipeed a toutes ses chances en jouant cette carte de la compacité (45 × 40 × 15 mm), de la 4K et du stockage embarqué (16 Go sur le Go, 64 Go sur le Go+, assez donc pour trimballer des ISO bootables).
Le SoC n’est pas officiellement nommé mais c’est quasi certain qu’il s’agit d’un Axera AX630C avec un NPU à 3,2 TOPS (le même cœur que le NanoKVM Pro 4K quoi).
Les premiers prix Early Bird tournent autour de 59 dollars pour le Go, 79 dollars pour le Go+. MSRP annoncé à 89 et 129 dollars une fois la campagne terminée et côté expédition, Sipeed promet une livraison mondiale depuis Shenzhen, sans date ferme pour l’instant.
Bref, si vous voulez piloter n’importe quelle machine USB-C à distance et que l’idée d’un agent IA qui clique tout seul ne vous fait pas trop flipper, ça peut vous intéresser.

Leave a Comment