SilentGlass, le boîtier du NCSC britannique qui bloque les attaques par câble HDMI
Le NCSC, l’agence de cybersécurité du Royaume-Uni rattachée au GCHQ (l’équivalent britannique de la NSA américaine, qui s’occupe du renseignement électronique pour l’État), a sorti un boîtier qui s’intercale entre un ordinateur et son écran pour bloquer les attaques transitant par le câble HDMI ou DisplayPort.
e produit s’appelle SilentGlass, il se branche sans configuration, et il a été présenté à la conférence CYBERUK. Première mondiale, dit-elle.
Première surprise pour qui n’y a jamais pensé : le câble qui relie votre PC à votre écran ne sert pas qu’à faire passer l’image. Il transporte aussi des données dans les deux sens (réglages de l’écran, infos sur la résolution, anti-copie sur les contenus protégés), et il émet des ondes électromagnétiques qui peuvent fuiter loin du bureau.
En 2024, des chercheurs de l’Université de la République à Montevideo ont montré qu’on pouvait reconstituer à distance le texte affiché sur un écran rien qu’en captant le rayonnement émis par le câble HDMI, avec un peu d’IA derrière. C’est le principe de l’attaque TEMPEST, théorisée dans les années 80 par les agences de renseignement, mais qui devient aujourd’hui accessible à des attaquants disposant de moyens beaucoup plus modestes.
SilentGlass se branche en série sur le câble, comme un petit module qu’on intercale. Il regarde le trafic qui circule par le canal annexe du HDMI ou du DisplayPort (celui qui sert à dialoguer entre PC et moniteur, en plus de l’image), et il bloque tout ce qui ne ressemble pas à une communication d’écran normale.
L’idée, c’est de couper la route à des programmes malveillants qui passeraient leurs ordres en se faisant passer pour des commandes anodines de réglage. La logique est celle d’un pare-feu, sauf que c’est posé entre l’unité centrale et l’écran, là où personne ne pensait à en mettre un.
La fabrication est confiée à Goldilock Labs, une entreprise britannique de cybersécurité, en partenariat avec Sony UK Technology Centre, l’usine galloise de Pencoed que Sony exploite depuis longtemps. C’est la première fois que le NCSC met son nom sur un produit grand public.
Le dispositif est déjà installé sur des sites du gouvernement britannique, et l’agence vise désormais les opérateurs d’infrastructures critiques (énergie, transports, banques), les ministères, les entreprises de défense, et plus largement toutes les organisations qui pensent être dans la cible d’États étrangers. Le prix exact n’a pas été annoncé, mais le NCSC parle d’un produit abordable pour son marché.
Le produit règle une faille qui n’est pas anodine. La sécurité du câble vidéo est traitée depuis trente ans comme un sujet de niche réservé aux militaires, mais avec la multiplication des écrans connectés, des bureaux partagés et des chaînes d’approvisionnement où chaque câble a pu passer par dix mains avant d’arriver chez vous, le périmètre s’est élargi.
Pour un développeur dans une startup avec un MacBook et un écran 27 pouces, l’intérêt est faible. Pour une salle de marché bancaire ou un centre de surveillance vidéo, c’est tout autre chose.
Vous l’avez compris, le NCSC sort ici un produit étatique pour un risque que la plupart ignorent. Une agence de renseignement qui vend du matériel commercial, c’est quand même nouveau, mais ça va dans le bon sens.
Source :
Security Affairs

Leave a Comment