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Le blocage DNS casse tout sauf le piratage (dixit Google)

Actualités Automatisées

Le blocage DNS casse tout sauf le piratage (dixit Google)

🕒 Publié le : 13/07/2026 à 09:41
 |  ✍️ Auteur : Korben ✨
 |  📚 Source : Les news de Korben

Google est allé raconter à la Commission européenne ce que les gens qui s’y connaissent un peu en réseau répètent depuis 15 ans : Bloquer les résolveurs DNS, les VPN et les adresses IP pour lutter contre le piratage, ça ne marche pas.

Dans
un document envoyé pour la consultation
sur la révision de la directive copyright, Mountain View écrit que “bloquer les résolveurs DNS, les IP ou les VPN est inefficace, car cela ne supprime pas du tout le contenu et se contourne facilement en utilisant des résolveurs DNS alternatifs“.

Le plus marrant ??? Bah c’est que Google sait très exactement de quoi il parle, vu que
la justice française l’oblige déjà à filtrer son propre résolveur 8.8.8.8
pour protéger les matchs de foot de Canal+ (Fun fact : J’ai pas vu une seule image, ni score, ni entendu une seule histoire à propos de la Coupe du Monde cette année, tellement les algos savent que ça ne m’intéresse pas…. loool)

Pour ceux qui débarquent (oué oué), le blocage DNS, c’est demander aux annuaires du net (souvent ceux de votre FAI) de faire semblant de ne pas connaître l’adresse d’un site. Le site reste en ligne, ses serveurs tournent, et vous le retrouvez facilement en moins de 2 min, en changeant de résolveur ou en allumant un VPN.

Le blocage d’adresses IP, c’est encore pire, parce qu’une même adresse est souvent partagée par des milliers de sites sans aucun rapport entre eux… En bloquer une, ça revient donc souvent à couper l’électricité de tout l’immeuble pour punir un seul locataire.

Et des immeubles plongés dans le noir, la soumission de Google en aligne toute une collection. Je pense par exemple à ce document étiquetté “Privileged and Confidential” que la Commission a quand même publié (lol, des champions, je vous dis !) et qui cite le nom de clients de Google Cloud parfaitement en règle, qui pourtant ont été entièrement coupés à Internet fin 2019 au Portugal. Tout ça parce que des fournisseurs d’accès Internet locaux avaient bloqué des ASIP partagés pour viser certains sites pirates…

Ou encore un sous-domain de Google Drive ainsi que des IP Cloudflare sur lequel reposaient plus de 42 millions de domaines victimes du
Piracy Shield
italien. Ah et j’ai oublié l’Espagne qui vient compléter ce joli bingo parce que là-bas les blocages réclamés par LaLiga (la ligue de foot locale) durant les matchs, on fait carrément tomber +550 000 dont les sites d’Amnesty International, de l’UNICEF, du Sénat australien, de la Stanford Law Review et même des serveurs Amazon S3.

Et en France, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais Cisco a carrément préféré débrancher son service OpenDNS plutôt que de se plier aux ordonnances de la justice. Quelle bonne ambiance dans ce terreau fertile à la dictature qui nous fonce dessus comme un train de la Deutsche Reichsbahn. (Point Godwin atteint, j’m’en fous, je fais ce que je veux, c’est mon site ^^).

Du coup, les ayants droit réclament maintenant de bloquer aussi les résolveurs alternatifs et les VPN eux-mêmes… et c’est exactement cette fuite en avant que Google demande d’arrêter. En tout cas dans son message, Google rappelle vivement ce que l’industrie du divertissement refuse d’entendre depuis l’époque de Napste : Quand vous avez un catalogue de merde émietté entre des dizaines de plateformes pour des prix exorbitants, avec de la pub, une qualité assez basse et des tas d’œuvres manquantes, eh bien, il ne faut pas s’étonner que le téléchargement illégal reparte de plus belle.

Maintenant, c’est vrai que Google ne joue pas les chevaliers blancs par pure bonté d’âme. En fait, ce qu’ils défendent, c’est leur résolveur maison, leur cloud et leurs clients. Elle reste par exemple très silencieuses sur tous les projets de loi de blocage qui avancent en ce moment même au Congrès américain.

Mais sur le fond, on ne peut pas leur donner le tort surtout quand je vois que le
DNS4EU, le résolveur souverain européen, se fait déjà mettre la pression
pour filtrer les sites pirates.

Voilà, la consultation est close depuis le 25 juin dernier et la commission est actuellement en train d’éplucher toutes les contributions pour décider des futures conneries qu’elle va faire. On croise les doigts quand même.

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