Applis d'alerte piratées – FR-Alert est-il à l'abri ?
Je suis rentré de vacances hier et je pensais me remettre rapidement à écrire mais de l’administratif en retard en a décidé autrement… Mais peu importe, d’autres ont des soucis plus importants, vous allez voir…
En effet, ce 1er novembre, à 22 h 47 précisemment, l’appli ukrainienne Air Alert, utilisée pour alerter les Ukrainiens afin qu’ils se mettent à l’abri, s’est mise à envoyer n’importe quoi !! Alerte aérienne critique sur tout le pays, et pour les habitants de Kiev en cadeau bonus une menace radiologique, une attaque chimique et des combats de rue.
L’un des messages, écrit en russe, annonçait même une alerte nucléaire imminente en ajoutant que c’était l’Oreshnik, un missile russe, qui arrivait… brrrrr les gens ont du tellement flipper. D’après un communiqué ukrainien relayé par la BBC, le signal “radiation” s’est aussi déclenché sur des haut-parleurs de la région de Lviv au nord de l’Ukraine. Heureusement, très rapidement les développeurs ont coupé les notifications push et ont suspendu l’appli.
Les alertes (écrites en russe !!) reçues par les Ukrainiens (source : BBC)
Quelques heures plus tard, tôt ce matin, c’était au tour du ministère russe des Situations d’urgence d’annoncer une “cyberattaque massive” sur sa propre appli. D’après le
, ces fausses alertes parlaient d’ogives nucléaires lancées vers toutes les régions de Russie. Elles sont aussi apparues sur des canaux régionaux du ministère sur Max,
la messagerie soutenue par l’État
.
Donc voilà, grosse nuit de frayeurs pour tous les civils russes et ukrainiens…
Alors qui se trouve derrière ces hacks ?
Hé bien d’après l’
, un des faux messages ukrainiens citait un groupe baptisé Hitcore, et Mash, une chaîne Telegram russe liée aux services de sécurité. L’AP a échangé avec l’un de ses représentants, qui a revendiqué l’attaque. Côté russe, la BBC rapporte que le média ukrainien UNN cite Atesh, un groupe de partisans ukrainiens qui serait à l’origine de l’opération mais rien de tout ça n’a pu être vérifié.
Quant au “comment”, on n’en sait pas plus…
Les dev d’Air Alert parlent de
, le ministère russe d’une vulnérabilité de son appli mais chacun assure par contre que l’essentiel a tenu… Heureusement, en Ukraine, l’appli est séparée des systèmes de commandement militaire, et pour le ministère russe, ce n’est qu’un service annexe à côté des sirènes et des SMS.
Du coup, je me suis demandé : Et en France, ça se passe comment ?
Ici,
fonctionne depuis juin 2022 et vous n’avez rien à installer. C’est le ministère de l’Intérieur ou une préfecture qui déclenche l’alerte via un système dont le
partenaire technologique est Intersec
, et ce sont ensuite les antennes des opérateurs qui la diffusent sur un canal radio dédié, avec au besoin des SMS géolocalisés en complément. Le message s’affiche alors en quelques secondes, même sur votre téléphone verrouillé, sauf s’il est éteint ou en mode avion.
Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles.
En savoir plus
Comme ce n’est pas une application, il n’y a donc pas de notifications push à détourner. Mais le système n’est pas infaillible pour autant… le Brésil, qui a un système similaire au notre, s’est fait hacker en juin et une dizaine de fausses alertes sonores sont parties mentionnant entre autre une “invasion extraterrestre”… L’alerte a réveillé plusieurs villes soit environ 30 millions d’habitants, d’après l’
.
Putain, j’imagine pas ma tête à 3h du mat avec une alerte comme ça sur mon téléphone qui me dit que les aliens ont débarqué…
D’après des documents de la Défense civile transmis à la police fédérale et publiés par
, les messages sont partis de la plateforme officielle, l’Idap, avec les identifiants de deux agents de la Défense civile du Pará, et avec des indices que la plateforme les a laissés viser des villes hors de leur zone. Ensuite, fin juin, le gouvernement Brésilien a alors coupé l’accès externe à la plateforme et
d’authentification. Ouf !! J’espère que chez nous, y’a une 2FA en place aussi là dessus… CE SERAIT BIEN, HEIN !
Le canal radio à l’ancienne a aussi sa faiblesse, mais elle reste locale puisqu’en 2019, des chercheurs de l’
ont montré en labo qu’une fausse antenne pouvait diffuser une fausse alerte présidentielle américaine. Selon eux, avec des émetteurs du commerce, ça toucherait environ 90 % des téléphones à portée de la surface d’un stade.
Donc voilà… je ne dis pas que ça n’arrivera jamais, ça peut arriver. En plus, comme ces alertes peuvent embarquer un lien, vaut mieux vérifier avant de cliquer.
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