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Chrome débranche les dernières combines qui faisaient survivre uBlock Origin

Actualités Automatisées

Chrome débranche les dernières combines qui faisaient survivre uBlock Origin

🕒 Publié le : 10/06/2026 à 15:14
 |  ✍️ Auteur : Vincent Lautier
 |  📚 Source : Les news de Korben

Google ferme les dernières portes. À partir de fin juin, avec Chrome 150 ou 151, les combines qui permettaient encore de garder uBlock Origin en vie dans le navigateur vont sauter une à une, et avec elles à peu près tous les bloqueurs de publicité qui reposaient sur l’ancienne plomberie de Chrome.

Petit retour en arrière. Une extension obéit à un cadre technique imposé par Google, le Manifest. Dans sa version 2, dite MV2, ce cadre laissait l’extension inspecter et modifier en direct chaque requête qu’une page web envoyait, ce qui donnait à un outil comme uBlock Origin, le bloqueur open source de Raymond Hill, sa fameuse capacité à filtrer dans le moindre recoin et à corriger ses règles en temps réel.

La version 3 change tout. Avec MV3, c’est désormais le navigateur qui bloque, à partir d’une liste de règles figée et plafonnée que l’extension se contente de lui fournir. Fini l’interception à la volée.

Google parle d’enterrer MV2 depuis 2019. Sauf que des soupapes traînaient encore. Une politique d’entreprise au nom à coucher dehors, ExtensionManifestV2Availability, plus quelques drapeaux internes et même une bidouille du registre Windows, permettaient de rallumer manuellement une extension que Chrome venait pourtant de couper.

Et c’est exactement ce bouquet de rustines qui disparaît. Le drapeau ExtensionManifestV2Disabled est déjà parti avec Chromium 150. La 151 doit emporter le reste, dont la fameuse politique et l’option AllowLegacyMV2Extensions, celles sur lesquelles s’appuyaient les derniers contournements. La bidouille du registre, elle, rendra l’âme dans la foulée.

Résultat, beaucoup d’utilisateurs ne retrouveront tout bonnement plus uBlock Origin dans leur liste d’extensions, sans le moindre bouton pour le ranimer.

Reste l’alternative maison, uBlock Origin Lite, signée du même auteur et compatible MV3. Sauf qu’allégée, ici, ce n’est pas un slogan : cette mouture refile au navigateur une liste de règles préchargée et perd au passage le filtrage dynamique, le nettoyage cosmétique poussé des pages et la possibilité de pointer soi-même l’élément gênant à virer. Elle stoppe les pubs classiques, beaucoup moins les formats modernes qui se réinventent en permanence.

Et Chrome n’est pas seul concerné. Edge et Opera, bâtis sur le même moteur Chromium, vont suivre la même pente et appliquer ces restrictions à leur tour. Firefox, de son côté, continue de faire tourner la mécanique MV2 et donc le uBlock Origin complet, alors que Brave et Vivaldi promettent de la maintenir sans s’engager pour autant sur le très long terme.

Officiellement, Google invoque la sécurité et la performance, l’idée étant qu’une extension capable d’éplucher tout votre trafic peut aussi jouer les mouchards. L’argument se tient. Il arrange juste drôlement bien une boîte dont l’essentiel des revenus vient précisément de cette publicité qu’on essaie de bloquer.

Si vous tenez à votre vieux bloqueur, passez sur Firefox.

Source :
Bleeping computer

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