TriliumNext Notes – Vos notes, votre serveur, zéro cloud
Entre Notion qui vous enferme dans son cloud, Obsidian qui facture la synchro dans son cloud 48 dollars par an et Evernote qui est devenu l’ombre de lui-même… trouver un outil de notes qui tourne chez vous sans dépendre de personne, c’est devenu la quête du Graal. Mais heureusement,
TriliumNext Notes
coche à peu près toutes les cases.
C’est une appli de prise de notes hiérarchique, open source (AGPL-3.0), qui tourne en local ou sur votre serveur. Imaginez une arborescence de dossiers, sauf qu’au lieu de copier un fichier dans 3 endroits différents, vous le clonez. C’est juste un lien ce qui fait que votre doc “Setup Proxmox” existe à la fois dans “Homelab” et dans “Tutos Linux” sans bouffer un octet de plus.
L’interface de TriliumNext Notes avec son arborescence de notes
Côté fonctionnalités, accrochez-vous puisque ça embarque un éditeur WYSIWYG avec support Markdown, des notes de code avec coloration syntaxique, un canvas
Excalidraw
pour griffonner des schémas, des diagrammes Mermaid, mind maps, et même des cartes géo avec traces GPX ! Y’a aussi un calendrier, un Kanban, des tableaux, un Web Clipper pour capturer des pages web d’un clic, et un moteur de recherche full-text qui fouille dans toutes vos notes. Franchement, pour un truc gratuit, vous en avez pour votre argent (euuh ?).
Le premier réflexe, ce serait de se dire “encore un clone de Notion”. Sauf que que nenni les rabats joie ! Car LE truc qui fait vraiment la diff par rapport à un
Anytype
ou un Notion, c’est la synchronisation maison. Vous posez une instance serveur sur votre NAS, votre Proxmox, ou même un Raspberry Pi (ça tourne dessus sans broncher), et hop, toutes vos machines se synchronisent via votre réseau.
Pour l’installer, vous avez l’embarras du choix. En desktop classique, un brew install --cask trilium-notes sur Mac, un winget install TriliumNext.Notes sur Windows, ou un Flatpak / .deb / .rpm sur Linux et c’est plié.
Mais le vrai kif, c’est de le poser sur un serveur pour synchroniser toutes vos machines. Avec Docker, ça donne :
docker run -d -p 8080:8080 -v ~/trilium-data:/home/node/trilium-data triliumnext/trilium
Le -v c’est important : ça persiste vos notes en dehors du conteneur. Sans ça, un docker rm et tout disparaît. Une fois lancé, vous allez sur http://votre-ip:8080, vous créez votre mot de passe, et c’est parti. Sur le desktop, vous ajoutez l’adresse du serveur dans les réglages de synchro et toutes vos notes se retrouvent partout. Et si vous voulez y accéder depuis l’extérieur, un petit Tailscale par-dessus et c’est réglé.
Sous le capot, une base SQLite, soit un seul fichier document.db dans ~/.local/share/trilium-data/, qu’on peut copier sur une clé USB en 2 secondes. Pas de PostgreSQL à configurer, pas de Redis à maintenir. La doc officielle annonce 100 000 notes sans problème de perf (ils utilisent better-sqlite3, le driver synchrone le plus rapide de Node.js).
Par contre, attention : les pièces jointes en synchro sont limitées à 1 Go par fichier. Au-delà, ça passe pas. Les notes sensibles, elles, peuvent être chiffrées individuellement en AES-128 avec une session protégée par mot de passe.
Et pour les bidouilleurs, y’a aussi une API REST sur le port 37740 et un système de scripting côté serveur. Vous pouvez créer des widgets custom, automatiser des exports, ou même vous bricoler un mini-dashboard de démarrage. Par contre, faut pas avoir peur de mettre les mains dans le JavaScript.
Et si vous comptez migrer depuis Joplin ou Evernote, y’a également un import natif ENEX + Markdown, donc pas besoin de convertisseur tiers.
Voilà et j’en profite pour vous raconter un peu l’histoire de ce logiciel… Pour votre confiture générale ^^. En fait Trilium a été créé en 2017 par un dev solo et quand il a décidé de raccrocher les gants, la communauté a repris le flambeau sous le nom
TriliumNext
en publiant des releases régulières mais aussi une traduction dans une dizaine de langues dont le français, et du support OpenID + TOTP pour sécuriser les accès. C’est beau le pouvoir de la communauté !!
Côté mobile par contre, pas d’app officielle. C’est dommage mais TriliumDroid fait bien le job sur Android (dispo sur IzzyOnDroid) et l’interface web passe aussi en PWA (Progressive Web App, tu connais…). Attention quand même, la synchro entre TriliumDroid et le serveur impose que les deux soient sur la même version. Si vous mettez à jour l’un sans l’autre, ça coince comme mon dos en ce moment.
Non, vraiment le seul vrai bémol, comme souvent avec les logiciels libres, c’est que l’interface a un petit côté 2015. C’est pas Notion niveau polish, je ne vais pas vous mentir. Donc si vous êtes du genre à juger un outil à sa typo et ses animations, passez votre chemin. Mais pour un truc gratuit qui gère aussi bien les notes que les mind maps, les Kanban et le scripting… ça se pardonne vite. D’ailleurs si vous aimez les applis de notes self-hosted, je vous avais aussi parlé de
Blinko
à l’époque qui rajoute de l’IA par-dessus vos notes. Pensez-y !
Bref, allez voir ça, c’est le genre de projet qui mérite le détour.
Et big merci à Rudy pour le lien !

Leave a Comment