Les joueurs de Pokémon Go ont entraîné des robots livreurs sans le savoir
Niantic, le studio derrière Pokémon Go, a collecté plus de 30 milliards d’images prises par ses joueurs au fil des années.
Ces photos servent aujourd’hui à guider les robots livreurs de Coco Robotics dans les rues de Los Angeles, Chicago ou Helsinki, avec une précision au centimètre près. Les joueurs qui scannaient des statues pour gagner des récompenses, eux, n’en savaient pas grand-chose.
30 milliards de photos en jouant
Depuis le lancement de Pokémon Go, les joueurs arpentent les rues le téléphone à la main, en photographiant des monuments, des statues et des points d’intérêt. En 2020, Niantic a ajouté une fonction “Field Research” qui demandait aux joueurs de scanner des lieux réels avec leur caméra en échange de récompenses dans le jeu.
Le résultat : 30 milliards d’images accumulées au fil du temps, prises sous tous les angles, par tous les temps, à différentes heures de la journée. Niantic a utilisé tout ça pour entraîner son Visual Positioning System, un outil de navigation visuelle capable de localiser un appareil à quelques centimètres près rien qu’en analysant les bâtiments autour de lui.
Des robots livreurs au centimètre près
Niantic Spatial, la filiale dédiée, vient de s’associer à Coco Robotics, une startup qui déploie environ 1 000 petits robots livreurs à Los Angeles, Chicago, Jersey City, Miami et Helsinki. Ces robots transportent jusqu’à huit grandes pizzas ou quatre sacs de courses, et circulent sur les trottoirs.
Le GPS est peu fiable dans les zones urbaines denses, où les signaux rebondissent sur les immeubles, et c’est là que le VPS de Niantic change la donne : les robots se positionnent au centimètre près devant un restaurant ou une porte d’entrée, sans dépendre des satellites.
De Google à la livraison de pizzas
Niantic est née comme une équipe interne de Google spécialisée dans les données de localisation, avant de devenir un studio indépendant. La collecte d’images était mentionnée dans les conditions d’utilisation de Pokémon Go, mais personne ne lit ces pages.
Les joueurs qui scannaient des statues pour gagner des Poké Balls n’imaginaient probablement pas qu’ils construisaient une carte du monde pour des robots livreurs. Niantic parle d’une “carte vivante” qui s’améliore en continu, alimentée par ses millions de joueurs actifs.
C’est quand même un peu fort. Des millions de joueurs ont passé des heures à scanner des monuments et des trottoirs en pensant attraper des Pokémon, et en fait ils bossaient gratuitement pour entraîner des robots livreurs.
Niantic avait prévu le coup depuis le début, l’air de rien, en transformant chaque partie en session de cartographie. C’est malin, mais on aimerait bien que les éditeurs de jeux soient un peu plus clairs quand ils transforment leurs joueurs en main-d’œuvre gratuite.
Source :
PetaPixel

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