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Il fabrique de l’essence à partir de gaz dans son labo

Actualités Automatisées

Il fabrique de l’essence à partir de gaz dans son labo

🕒 Publié le : 01/06/2026 à 07:43
 |  ✍️ Auteur : Vincent Lautier
 |  📚 Source : Les news de Korben

Le bricoleur qui anime la chaîne YouTube Marb’s Lab a présenté dans sa dernière vidéo un montage de verrerie de laboratoire qui transforme un simple gaz en carburant liquide, reproduisant le procédé Fischer-Tropsch, du nom des deux chimistes allemands Franz Fischer et Hans Tropsch qui l’ont mis au point en 1925.

À l’échelle industrielle, cette réaction a longtemps servi aux pays riches en charbon mais privés de pétrole, l’Afrique du Sud de l’apartheid sous embargo international en étant l’exemple le plus connu, ces nations fabriquant leur essence à partir de leurs ressources fossiles locales plutôt que d’importer un brut auquel elles n’avaient pas vraiment accès.

Le principe c’est de faire circuler un gaz de synthèse, ou syngas, c’est-à-dire un mélange de monoxyde de carbone et d’hydrogène, sur un catalyseur métallique porté à haute température, autrement dit un matériau qui déclenche et accélère la réaction sans jamais être consommé lui-même, jusqu’à ce que les molécules se recombinent pour former les longues chaînes carbonées que l’on retrouve précisément dans les carburants liquides.

Le catalyseur retenu par Marb est de l’oxyde de cobalt déposé sur du gel de silice, un choix qui n’aurait rien d’exotique dans un vrai laboratoire de chimie mais qui tient ici intégralement sur une table de travail domestique, alimenté par une poignée de flacons et de tubes en verre soufflé.

Le rendement obtenu est très faible, et Marb reconnaît lui-même ne pas savoir exactement quel mélange d’hydrocarbures ressort de son installation, même s’il assure que le liquide récupéré sent l’essence et brûle remarquablement bien une fois enflammé.

Les contraintes pratiques rappellent vite que la chimie de garage ne pardonne pas grand-chose, puisque le catalyseur ne survit qu’environ vingt-quatre heures avant que l’oxydation ne le rende inutilisable, que la totalité du circuit doit impérativement être purgée à l’argon avant le moindre allumage sous peine de transformer la verrerie en projectiles, et que le matériau employé est, de l’aveu même de son concepteur, complètement cancérigène.

Screenshot

Autant dire que cette expérience relève davantage de la démonstration filmée que du tutoriel à suivre tranquillement chez soi un dimanche après-midi.

Son véritable intérêt c’est ce qu’elle montre sur la frontière entre la prouesse industrielle et la simple question d’échelle, parce que voir une réaction qui alimente des usines entières fonctionner dans quelques bouts de verre posés sur un bureau rappelle que ce qui sépare le laboratoire de la raffinerie tient souvent moins au secret chimique qu’au volume produit, à la sécurité des installations et au coût de l’ensemble.

Bref, fabriquer son carburant sur un coin de table, c’est techniquement possible, parfaitement dangereux et totalement inutile, mais rigolo à regarder.

Source :
Hackaday

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