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Des circuits électroniques cuits dans de l’argile, et ça marche vraiment

Actualités Automatisées

Des circuits électroniques cuits dans de l’argile, et ça marche vraiment

🕒 Publié le : 04/06/2026 à 08:49
 |  ✍️ Auteur : Vincent Lautier
 |  📚 Source : Les news de Korben

Emily Velasco
, bricoleuse et artiste américaine, a fabriqué une carte électronique fonctionnelle à partir d’un simple disque d’argile tourné à la main, sans la moindre plaque de fibre de verre ni le moindre bain d’acide qu’on associe d’habitude à ce genre d’objet.

L’idée vient d’ailleurs. Elle raconte avoir été inspirée par un collectif de hackeuses européennes qui fabriquait ses propres circuits à partir d’argile creusée dans le sol et cuite dans un feu de camp, et comme elle développait déjà depuis un moment ses propres émaux au cuivre pour la poterie, elle a décidé de pousser l’expérience un cran plus loin.

Une carte de circuit imprimé classique, ce rectangle vert qu’on trouve dans à peu près tous nos appareils, c’est en général du FR4, un sandwich de fibre de verre et de résine époxy sur lequel on grave des pistes de cuivre à l’acide pour relier les composants entre eux. Velasco a tout remplacé par de la terre et de l’émail.

Son procédé tient en quelques gestes. Elle a fabriqué un tampon qu’elle presse dans l’argile encore molle pour y imprimer le dessin du circuit en creux, puis elle remplit ces sillons d’un mélange de poudre de cuivre et d’émaux de poterie tout ce qu’il y a de plus ordinaires, du transparent et du céladon vert, le genre de produits qui traînent dans n’importe quel atelier (il existe aussi des émaux au cuivre qu’on utilise dans la cuisson raku, cette technique de poterie d’origine japonaise). Passage au four de potier, et l’ensemble fusionne.

Le résultat est marrant. C’est un multivibrateur astable, autrement dit le petit circuit tout bête qui fait clignoter deux LED en alternance, et il est intégralement cuit dans la céramique.

Le plus surprenant, c’est que ça conduit pour de vrai. Les pistes en émail au cuivre affichent une résistance électrique étonnamment basse une fois sorties du four, ce qui n’avait rien d’évident sur le papier.

Tout n’a pas été simple pour autant. L’émail vitrifié refusait catégoriquement de prendre la soudure, même avec du flux de plomberie, et Velasco a dû gratter la surface à la brosse métallique montée sur une Dremel avant que l’étain veuille bien accrocher. Son verdict sur le rendu, elle l’assume : “C’est moche, mais ça marche.”

Le solarpunk, du coup. Derrière ce terme un peu fourre-tout se cache un courant qui rêve d’un futur écolo et optimiste, où la débrouille et le fait-maison prennent le pas sur l’industrie lourde et polluante. Une carte façonnée avec de la terre, un four et de la poudre de métal, sans résine pétrochimique ni bain chimique, tout ceci est improbable.

Il faut quand même garder les pieds sur terre. On est à des années-lumière des céramiques techniques industrielles, ce fameux LTCC qu’on retrouve dans l’aérospatial ou les hyperfréquences, avec leurs propriétés électriques quasi parfaites et leur conduction de la chaleur exemplaire. Ici, on fait clignoter deux LED sur un bout de poterie ratée. Mais c’est justement tout l’intérêt.

Honnêtement ? Voir un circuit qui marche sortir d’un four à céramique, c’est franchement réjouissant.

Source :
Hackster
,
Hackaday

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