Des cartes perforées imprimées en 3D et lues par une webcam, parfait pour stocker vos mots de passe à vie
Les cartes perforées, c’est le truc qu’on associe à l’informatique de grand papa. Des bouts de carton avec des trous dedans qui servaient à programmer les ordinateurs des années 1960. Personne n’aurait l’idée d’en utiliser aujourd’hui.
Sauf
Bitroller
, un bidouilleur qui a eu une autre idée : et si on imprimait des cartes perforées en 3D, qu’on les laissait dans un coffre, et qu’on les relisait avec une simple webcam ?
L’objectif n’est pas de programmer un ordinateur, c’est de stocker des données ultra-sensibles sur un support qui ne risque pas de s’effacer. Genre la clé d’un portefeuille crypto ou un mot de passe maître.
Chaque carte mesure une dizaine de centimètres de côté et stocke 16 octets de données utiles, plus 4 octets de correction d’erreur « Reed-Solomon ». Ce système permet de retrouver l’info même si la lecture est partiellement abîmée. Reed-Solomon, ce n’est pas exotique d’ailleurs, c’est la même famille de correction d’erreurs que celle qui fait tenir vos CD ou vos QR codes face aux rayures. C’est microscopique, oui. Mais pour stocker une clé cryptographique, c’est largement suffisant.
Screenshot
Le génie du projet tient dans la méthode de lecture. Pas de machine industrielle, pas de scanner spécialisé. Juste une webcam, posée au-dessus de la carte, avec un fond noir derrière. OpenCV, la bibliothèque libre de vision par ordinateur que tout le monde utilise pour ce genre de tâche, lit la carte entière d’un seul coup à partir du contraste entre le fond et le plastique blanc. Le créateur fournit deux scripts Python, un pour générer la carte à imprimer, l’autre pour la relire.
Le matériau choisi est du PLA, le plastique standard des imprimantes 3D grand public. C’est honnête pour un prototype, mais pas idéal pour de la longue durée. Bitroller le reconnaît : en acier inoxydable, ses cartes survivraient à un incendie sévère et resteraient lisibles dans plusieurs siècles. Le but n’est pas vraiment de bidouiller, c’est de proposer un vrai support d’archive longue durée.
Face à un vieux papier ou à une clé USB, la différence est évidente. Le papier brûle, la clé USB meurt après quelques années sans alimentation. Une carte perforée en métal traversera les décennies sans broncher. Et le fait que la lecture se fasse avec n’importe quelle webcam évite la galère du lecteur propriétaire qui n’existe plus dans dix ans. Bref, bonne idée.
Vous pouvez voir le projet ici
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Source :
Hackaday

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